Un marathon dans 10 semaines, la puissance de vos 4 cerveaux.

Marathon cerveau

Soirée entre amis, vous êtes bien dans l’ambiance, je dirais même plus, vous êtes jovial… Arrive votre meilleur ami qui vous lance un défi :

 « Dis-moi, David ! Tes petites jambes pourraient-elles te porter pour faire le marathon de Paris cette année ? »
Vous : « Quoi, tu veux rigoler ? Bien sûr que j’en suis capable ! Non, mais pour qui me prends-tu ! »

Hum ! Votre ego s’est peut-être emporté, sur ce coup-là. Trop tard ! Je ne vais pas reculer maintenant, vous dites-vous. Vous voilà maintenant engagé auprès de votre meilleur ami. La soirée se prolonge jusqu’ à tard dans la nuit.

Lendemain de fête, réveil avec un petit mal de tête et la bouche pâteuse ! Ah oui, c’est vrai le marathon de Paris ! Me voilà maintenant dans de beaux draps. Voyons ! Marathon de Paris dans 2 mois et demi, cela ne me laisse plus que 10 semaines de préparation.
Après un passage par la case « Grosse inquiétude », votre cerveau gauche prend la main. Direction Internet pour trouver un petit programme d’entraînement, pour montrer à votre meilleur ami de quoi vous êtes capable. Je ne me dégonfle pas, moi, monsieur !

CERVEAU Gauche (s’adressant aux 3 autres cerveaux) :  
« Bon, les gars, je viens de faire le point sur notre programme à venir et j’ai étudié nos agendas. Le marathon de Paris est dans 10 semaines. Notre objectif de course est de 4 heures. Mes calculs m’indiquent qu’il faut partir sur 3 séances par semaine, le lundi, le mercredi et le dimanche. Une sortie allure tranquille, une sortie en fractionné et une sortie longue. Notre objectif, messieurs : travailler notre VMA et notre endurance pour être au TOP le jour J. »
Bref, le cerveau gauche dans toute sa splendeur : un vrai calculateur, un expert de la précision. Tout se calcule, rien n’est laissé au hasard.
CERVEAU G : « Bon, les gars, O.K. pour le plan. Démarrage lundi matin, pas de temps à perdre. »
CERVEAU Droit : « Oh oui, chef !  Je m’imagine déjà sur la ligne d’arrivée avec mes belles chaussures, mon short bleu préféré avec un magnifique T-shirt assorti ! Oh oui ! Avec ma montre GPS, trop cool… »

Le cerveau droit, doué pour l’imagination, la création et l’ouverture d’esprit.
CERVEAU G : « Et toi, le cervelet ?»
CERVELET : « Moi, je demande à voir, les gars, mais go pour moi. » ; le cervelet dont sa fonction est de mettre le corps en mouvement.
CERVEAU G : « Le médian, t’es de la partie ? »
MEDIAN : « Oui, si tu me promets qu’il y a des émotions fortes à la clef. » ; le médian le centre névralgique des émotions.
CERVEAU G : « Très bien, messieurs, rendez-vous, lundi à la première heure pour notre première sortie. »

Lundi matin, 6 h 30. Votre première sortie…
CERVEAU G : « Les gars, wake up ! C’est le grand jour. Allez, allez, on s’active, les 4 heures du marathon sont pour nous. Aujourd’hui, sortie de 8 kilomètres. Allez ! Go ! Go ! Go ! »
CERVEAU D : « Attends, attends, je n’ai pas mis mon bandana préféré et j’ai un petit réglage de ma montre à faire. »
CERVELET : « Hum, je ne la sens pas trop, ton histoire cerveau gauche. »
Et vous voilà parti, remonté à bloc. Vous vous lancez…
CERVEAU G : « Les gars, on se met au rythme de 6 minutes au kilo, ni plus ni moins, et attention au cardio. On ne dépasse pas les 170 pulsations/minute… Oui comme ça. »
CERVEAU D : « Et regardez, le soleil se lève ! Oh, le chant des oiseaux, c’est beau… »

Et vous avalez ainsi les 2 premiers kilomètres. Vos 4 cerveaux sont alignés. Cerveau gauche contrôle total, cerveau droit en extase et il s’imagine déjà sur la ligne d’arrivée, le cervelet est bien en jambes et enfin le médian qui prend son pied.

Arrivent les 5 premiers kilomètres…
CERVEAU G : « Allez les gars, sur le dernier kilo, on était un peu trop lents. Il ne faut pas mollir, allez, allez ! Six minutes au kilo, on accélère ! »
CERVELET : « Euh, excuse-moi, cerveau gauche, mais là, ça pique un peu, les jambes deviennent dures. »
CERVEAU G : « Quoi, le cervelet, tu ne vas pas nous faire le coup de la panne ! Allez, bouge-toi un peu ! »
CERVELET : « Mouais, je ne le sens pas, là ! »
CERVEAU D : « Oui, allez le cervelet, moi je veux franchir la ligne d’arrivée en vainqueur ! Je ne veux pas passer pour le poireau de la course. »

6, 7, 8 kilomètres… Dur, dur ! Cette première séance se termine en demi-teinte. Deux cerveaux dans le trip total et deux cerveaux qui doutent énormément. Une bonne douche et case repos.
Entre-temps, vous êtes passé chez Décathlon pour acheter votre magnifique équipement pour faire plaisir à Monsieur le cerveau droit.

Arrive la deuxième sortie du programme, le mercredi matin, dès potron-minet.
CERVEAU G : « Allez, Allez ! Debout, messieurs, à nous le marathon de Paris en 4 heures ! Go ! Go ! Aujourd’hui, c’est fractionné. »
CERVEAU D : « Oui, chef, en avant ! Par contre, mes chaussettes préférées sont sales, je fais comment ? »
CERVEAU G : « Ben t’en prends une autre paire, hein ! »
CERVELET : « Euh, les gars, je ne me sens pas bien ce matin… J’ai mal partout, j’ai les jambes lourdes. »
CERVEAU G : « Allez les gars, on se motive ! Pas le moment de faire sa feignasse ! »
CERVELET : « Quoi, moi, une feignasse ! Attends, je vais demander au médian ce qu’il en pense. Hé ! Oh ! Le médian ! Tu te sens comment, toi, ce matin ? »
MEDIAN : « Ben moi, pas top, top. Le moral pas super. »
CERVEAU G : « Allez, sortez-moi de ce lit, avant que je vous vire à coups de pied aux fesses ! »
CERVELET : « Grrrr ! »

Et vous voilà parti sur le fractionné.
CERVEAU G : « Allez, séance de 6 fois 400 mètres en 2 minutes par répétition. Et allez ! Go ! Go ! Go ! »
CERVEAU D : « Trop cool, le fractionné. C’est top, ça va vite, j’adore cette sensation de vitesse ! »

Arrivé à la 5e répétition…
CERVELET : « STOP ! J’en peux plus… Je suis mort ! Stop ! On arrête tout. Je ne sens plus mes jambes, mes poumons sont explosés. »
CERVEAU G : « Ah non, y a pas moyen ! On va y arriver. Le gros là-haut, il a fait un pari avec son meilleur ami. Il ne va pas encore perdre celui-ci ! ».
CERVELET :  « Non, stop ! On arrête là, j’en peux plus. Promis, dimanche on y retourne. »
CERVEAU G : « Bon, O.K. Mais attention, dimanche, sortie longue     1 h 15 ! O.K. ?»
MEDIAN : « Ah non, pas ça, 1 h 15, c’est beaucoup trop long… »
CERVELET : « Ne t’inquiète pas, le médian, j’ai ma petite idée. Laissons notre dictateur faire sa loi, j’ai mon plan… »

Arrive le dimanche matin 6 h 20, 10 minutes avant le réveil.
CERVELET : « Hé ! Le médian, tu es réveillé ? »
MEDIAN : « Oui, pourquoi ?»
CERVELET : « Bon, écoute, j’ai regardé la météo. »
MEDIAN : « Oui, et ? »
CERVELET : « Temps pourri ce matin. »

À ce moment, le cerveau gauche se réveille…
CERVEAU G : « Quoi, qu’est-ce que vous manigancez tous les deux ? Je vous préviens, y a pas moyen. Le faignant, il va se réveiller et aller faire son footing ce matin. Objectif 4 heures, et ce n’est pas vous qui allez lui pourrir son objectif. ».

Et le réveil sonne.
CERVELET (en criant) : « Hé ! Envoie la sensation du réveil ultra difficile avec grosse fatigue ! »
CERVEAU G : « Ah non ! Merde, vous faites chier, les gars ! Le faignant va rester au lit. Non, pas ça ! »

Et vous, vous commencez à ouvrir un œil, avec une énorme fatigue. Vous savez, c’est le matin où vous êtes vraiment trop bien dans votre lit, impossible d’en sortir.
CERVEAU G : « Ah non ! Allez, on se réveille, allez ! »
CERVELET (criant de nouveau) : « Et maintenant, rappelle-lui que dehors, il fait un temps pourri. Go ! »

Et vous, déjà en pleine discussion avec vous-même : Allez, lève-toi ! Oh non, trop dur. Allez ! Et à ce moment précis, vous vous rappelez que la météo de ce matin est tout simplement pourrie. C’en est trop, vous éteignez votre réveil et vous rendormez profondément.
CERVEAU G : « Vous êtes contents, bande de terroristes ! Je vous préviens, lundi matin 6 h 30 tout le monde debout ! »
Et je vous laisse imaginer la suite…

Résumons la morale de cette histoire : lorsque nous posons un objectif, faisons-en sorte de solliciter nos 4 cerveaux et assurons-nous qu’ils sont bien alignés vers le même but.
Au travers de cette petite histoire humoristique, on comprend les divergences et les envies des différents cerveaux, pour au final, nous l’avons vu, anéantir l’objectif dans sa globalité.
Dans cet exemple, pour le cerveau gauche, rien à dire. Les choses étaient préparées dans le détail. Le plan d’entraînement était prêt, cohérent. Le cerveau droit était lui aussi de la partie. Il se projetait sur la ligne d’arrivée avec les supporters et avec son équipement flambant neuf. En revanche, le cervelet et le médian n’ont pas été suffisamment impliqués. Pour le cervelet, des exercices de visualisation auraient été nécessaires, par exemple en vous projetant dans la peau du sportif en train de courir, en ressentant le mouvement des bras et une foulée légère, en contrôlant votre respiration. Pour le médian, même chose, des exercices de visualisation sur les émotions que vous auriez ressenties avant, pendant et après votre course à pied auraient été nécessaires. En faisant cet exercice, nous embarquons tous nos cerveaux vers le même objectif. Ainsi, nous avons beaucoup plus de chances de l’atteindre.

Nous l’avons vu dans cet article, pour qu’un objectif ait des chances d’être atteint, il est primordial de prendre le temps de le construire précisément et de vérifier l’alignement de vos 4 cerveaux.

Extrait du livre Running Morning.
Travaux inspirés du travail de David Lefrancois.
www.focusobjectif.fr
David

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